L’ASTUCE DU MERCREDI: Réussir l’élevage des poulets de fin d’année

L’élévage des poulets de chair pour les fêtes de fin d’année a toujours été une bonne opportunité d’affaires, au vu de la très forte demande pendant cette période. Chaque année, de nouvelles personnes se lancent dans cette activité certe lucrative, mais comportant de nombreux écueils à surmonter. A trois mois de cette nouvelle échéance, beaucoup peuvent une fois de plus tirer leur épingle de jeu. Une chambre, un local ou un magasin vides peuvent vous aider à réaliser votre projet. Ceci à condition de maîtriser un certain nombre de paramètres essentiels. Il est aussi conseillé aux débutants de côtoyer des aviculteurs chevronnés pour plus de réussite, car la seule fiche technique ne suffit pas.
C’est le moment de se lancer dans l’élevage de poulets de chair pour être sur le marché pendant les fêtes.

 

 

 

 

 

Où et comment doit être le poulailler ?
Le lieu d’installation du poulailler et les matériaux utilisés pour sa construction sont d’une grande importance pour la réussite d’une ferme.
L’utilisation des matériaux locaux lors de la construction du poulailler permet de réduire les coûts de production.
Pour ceux qui élèvent le poulet de manière occasionnelle comme pour les fêtes de fin d’année, si vous êtes situés en zone périurbaine et si vous avez une chambre, un local ou un magasin vides, vous pouvez les exploiter. Mais pour une aviculture permanente, plusieurs paramètres sont à considérer pour bien installer la ferme : le calme, la qualité de l’eau, les voies d’accès faciles pour le ravitaillement ou pour l’écoulement des produits.

Le lieu doit être protégé des vents forts et le sol bien sec. Il faut l’orienter tel que le soleil y pénètre le moins possible durant la journée. En d’autres termes, il faut chercher un terrain à bon drainage des eaux, plat ou à pente douce, un bas-fond non marécageux, un sol perméable non argileux, une source d’eau disponible, assurer une ventilation maximale des bâtiments, éviter d’implanter la ferme aux abords d’une route à grande circulation, à l’intérieur des agglomérations ou aux environs immédiats d’autres élevages, habiter le plus proche de la ferme car l’élevage par téléphone est strictement déconseillé.

La taille du bâtiment
La taille du bâtiment doit être égale à la taille de l’élevage. Le matériel de construction de la ferme doit être le moins cher possible. On devra donc autant que possible utiliser les matériaux locaux tels que la terre battue, les briques, les bambous de raphia, les grillages et autres. La toiture peut être en paille, en tôle ou en nattes.
Le sol doit être cimenté et non lissé pour faciliter le nettoyage à grande eau. Mais on peut aussi utiliser un sol non cimenté, à condition d’utiliser des désinfectants à fort pouvoir de pénétration pendant les vides sanitaires. Le bâtiment d’élevage de poulet de chair doit être largement ouvert sur les côtés, avec une largeur variant entre 10 et 12 m maximum, une couche de litière au sol de 7 à 10 cm et le toit muni d’un lanterneau.

Il faut que la température ambiante dans le poulailler soit comprise entre 31 et 33°C, tout en sachant que les températures baissent en fonction de l’âge des poulets (25°C à partir de la 4ème semaine).
L’intérieur de la ferme doit également être bien éclairé. La taille du bâtiment est proportionnelle à la taille de l’élevage. Il faut donc prévoir en général 1m² de surface pour 25 poussins et pour 10 à 12 poulets prêts pour la vente.

Comment bien nourrir les poulets ?

L’alimentation représente 70 à 80% des coûts totaux de production en élevage avicole. C’est-à-dire que sur 100 francs dépensés, 70 à 80 francs entre dans l’alimentation.
Un poulet consomme environ 4,5 kg de provende du 1er jour à sa maturité
Un aliment complet doit comprendre les éléments suivants: énergie, protéines, minéraux, vitamines, un peu d’antibiotiques comme facteurs de croissance.
De tous les éléments constitutifs d’un aliment, c’est l’énergie qui est le plus important car l’oiseau règle sa consommation d’aliment en fonction de cette énergie. Elle s’exprime en kcal d’énergie métabolisable/ kg d’aliment chez la volaille. Les principales sources d’énergie disponibles sont : le maïs, le manioc etc. Les sous-produits tels que les divers sons (son de riz, de blé, de maïs, remoulage, etc.)

Les protéines sont des substances organiques qui jouent un rôle important dans la constitution des muscles c’est-à-dire de la chair (viande). On distingue 2 principaux types de protéines. Les protéines d’origine animale : farine de sang, de poisson, de viande, etc. Les protéines d’origine végétale : les tourteaux de coton, de soja, de palmiste, d’arachide, les graines entières de soja, les feuilles de manioc, etc.
Les minéraux renforcent le squelette. Le calcium et le phosphore sont les minéraux les plus importants. Cependant, les oligo-éléments tels que le fer, le zinc, le manganèse, le cobalt, l’iode, sont indispensables et leur carence dans l’aliment entraîne des maladies nutritionnelles graves.

Les vitamines sont des substances organiques actives à très faible dose que l’animal doit trouver dans sa ration pour s’assurer une croissance satisfaisante. On distingue : les vitamines liposolubles (solubles dans les graisses et leurs solvants) :
– Vitamine A, qui intervient dans le fonctionnement de la vision et l’entretien des tissus épithéliaux.
– Vitamine D, qui intervient dans l’absorption du calcium, l’ossification.
– Vitamine E, qui joue un rôle important dans la reproduction.
– Vitamine K, qui intervient dans la coagulation du sang.

Et les vitamines hydrosolubles (solubles dans l’eau) sont les vitamines du groupe B et la vitamine C. Ces vitamines jouent un rôle important dans la croissance des animaux
L’eau est également très indispensable aux poulets de chair.

Quelle quantité de provende?
Pour chaque poulet produit, il faut prévoir environ 4,5 kg de provende du 1er jour à la 6e-7e semaine. Il y a deux types de provende utilisés : la provende démarrage ou « premier âge » et la provende « 2ème âge » ou croissance et finition.
La provende démarrage est distribuée pendant les 4 premières semaines des poussins. Elle est un peu plus chère car riche aussi bien en protéines, en énergie, en minéraux qu’en vitamines. Un poussin de chair consomme 1,7 -1,8 kg d’aliment au cours des quatre premières semaines, soit 56,7g à 60 g d’aliment par jour.

L’aliment 2ème âge est moins riche en protéines. Il est distribué à partir de la fin de la 4ème semaine d’âge. Un poulet de chair consomme entre 2750 g et 3342 g d’aliment au cours des 21 jours suivants. Soit une consommation journalière comprise entre 131et 160 g. Il faut donc 3 à 3,5 kg d’aliments 2ème âge par poulet. Il est conseillé de faire une transition progressive entre les 2 provendes à partir du 2ème jour de la 4ème semaine d’âge.

Pour cela, il faut procéder ainsi
– 1 kg d’aliment deuxième âge pour 3 kg d’aliment « 2ème âge » à partir du 2ème et 3ème jour de la 4ème semaine.
– 2 kg d’aliment 2ème âge pour 2 kg d’aliment démarrage à partir du 4ème et 5ème jour de la 4ème semaine.
– 3 kg d’aliment 2ème âge pour 1 kg d’aliment démarrage à partir du 7ème jour de la 4ème semaine.
A partir de la 5ème semaine, donner exclusivement l’aliment 2e âge. Cette pratique permet d’éviter tout stress aux animaux.

‘’Il faut être très attentif à chaque comportement des poules’’

« J’élève les poulets de chair depuis 2007. Mais, les débuts n’ont pas été faciles. En 2009, une épidémie de Gumboro a touché mes poulets. Presque tout mon cheptel a été détruit. J’ai fait appel à un vétérinaire qui a essayé de sauver quelques têtes. Je n’avais jamais connu pareille chose avant mais j’ai pu me relever avec le temps. Le vétérinaire m’a expliqué que les poulets, comme les êtres humains, sont fragiles et ont leurs maladies.
Pour éviter cela, il faut bien observer les règles d’hygiène et appliquer la prophylaxie de traitement pour chaque type de poussins.

Toutes les souches n’ont pas la même prophylaxie. Par exemple, pour les poussins Coq 50 que j’élève actuellement, à 12 jours, il faut leur administrer l’avitaminose. En outre, lorsqu’on élève, il faut être très attentif à chaque comportement des poules. Malgré toutes ces difficultés, je n’ai jamais baissé les bras. Pour me relever, j’étais obligée de prendre des crédits.

Dans cette activité, il faut garder la tête froide. L’une des difficultés dans l’élevage des poulets de chair est le prix des matières premières qui n’est pas stable. Il y a des périodes où le prix du maïs est élevé et il y a des périodes où ça baisse. Ça a forcément un impact dans votre poche. A des périodes difficiles, le coût de production d’un poulet est de 2 200 FCFA mais je suis obligée de vendre un poulet à 2 100 FCFA au revendeur pour ne pas perdre. Dans les affaires, il y a les jours où tu gagnes et il y a d’autres où tu perds. Pour les fêtes de fin d’année, au mois d’octobre, j’achète généralement 1000 têtes de poussins d’un jour au prix d’achat qui varie de 400 à 500 FCFA par poussin.

Quand le taux de mortalité des poussins n’est pas très élevé, à la fin, je produis à peu près 950 têtes de poulets de chair. Le prix du poulet dépend de son poids et de son coût de production.
Je n’ai pas de point de vente dans les marchés. Ma promotion se fait de bouche à oreille soit par des clients satisfaits par la qualité de mes poulets, soit par les membres de ma famille ou encore le voisinage. Mes principaux clients sont les ménagères, les membres de la famille et les revendeurs. »

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Par Michel Fotsing temps de lecture: 9 min
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