L’ASTUCE DU MERCREDI: Réussir la culture du Gombo

La culture du gombo

Une bonne préparation du sol permet d’obtenir des tiges vigoureuses et résistantes.
Le gombo est une plante qui résiste à la chaleur. Il aime la pleine lumière et le soleil. Il se développe bien dans les sols profonds, bien drainés et riches en matières organiques. Le gombo a un système racinaire pivotant. Un bon arrosage permet d’avoir de bons rendements.
La production du gombo ne nécessite pas la mise en place d’une pépinière. Il peut être recolté 2 mois après le semis pour les variétés précoces, et 5 à 6 mois après pour les variétés tardives. Les variétés précoces sont donc indiquées si on veut aborder le marché dans le premier trimestre 2013. Le gombo est adapté aux conditions tropicales. Il peut pousser partout au Cameroun.

La préparation du terrain se fait 2 à 3 semaines avant le semis. Réaliser le semis à plat ou sur billons.
– A plat : faire un labour profond (20 à 30 cm de profondeur), pulvériser et ameublir.
– Sur billons : faire un labour profond, émietter les grosses mottes de terre puis réaliser des billons d’une hauteur de 30 cm, de 1 m de large et 10 m de long au maximum avec une daba ou une billonneuse tirée par un tracteur.

Dispositif, densité et semis
Prévoir 7 à 10 kg de semences de gombo pour couvrir 1 hectare. Semer directement en lignes distantes de 1 mètre, à raison de 50 cm entre les poquets. Semer 3 graines par poquet.
La levée a lieu 7 à 10 jours après le semis. Après la levée, procéder à un démariage à un plant par poquet (le plus robuste), ce qui donne une densité de 20 000 pieds par hectare.
Pour accélérer la germination, on peut tremper les graines dans de l’eau pendant 24 heures.
L’entretien de la culture se résume à quelques opérations:
– L’irrigation : Pour la culture du gombo en saison sèche, l’arrosage est obligatoire : apporter 2 arrosoirs (soit 20 litres) d’eau par mètre carré tous les 2 jours.
– Désherbage : pratiquer un sarclage régulier, surtout en début de culture, pour maintenir la parcelle propre. Préférer le désherbage manuel après la levée.
Dès le semis du gombo, un herbicide total peut être utilisé pour réduire la pression des mauvaises herbes : appliquer du glyphosate, par exemple, Roundup 360 à raison de 1,5 l/ha.
– Fertilisation : apporter avant le semis, en fumure de fond, 250 kg/ha d’engrais minéral (NPK10 18-18). A défaut, incorporer, par bêchage, de la fumure organique, à raison de 10 à 15 tonnes par hectare.

30 jours après le semis (pour les gombos de cycle court) ou 60 jours après le semis (pour ceux de cycle long), apporter, par sarclo-binage, 200 à 250kg/ha d’urée.

‘’Le sac de 50 kg de gombo se vend à 9 000 F cfa’’
Carole Nana, commerçante détaillante de gombo au marché central de Douala
“Nous nous ravitaillons au marché central de Douala derrière le lieu dit ‘’marché noir’’. Il faut faire l’effort d’être au marché à 5h du matin pour espérer avoir les bons sacs de gombo. Les bons sacs sont pris par les premiers venus. Le gombo conditionné dans des sacs de 50 kg vient de Foumbot. Actuellement le sac de 50 kilos se vend à 9000 F cfa et la cuvette de 30 litres à 3000 F cfa. Je vends deux qualités de gombo: le gombo noir en fruits de couleur verte très apprécié par les ménages et le gombo en feuilles que beaucoup de femmes achètent pour ajouter à la sauce de gombo en fruits pour la rendre plus gluante.
Nous découpons les gros gombos que les clients refusent d’acheter, soit disant qu’ils sont durs. En les découpant, on les vend facilement aux personnes qui ont de la paresse à le faire ou n’ont pas le temps. Les petits gombos, nous les vendons actuellement en tas de 6 fruits a 100F cfa. C’est ainsi que je vends une cuvette de gombos par jour. La saison pluvieuse est la période où il y a abondance de gombos sur le marché.»

Récolte, conservation et protection phytosanitaire
Les clients préfèrent les variétés courtes
Récolter les fruits tendres à extrémités cassantes. Selon la variété, récolter tous les 2 à 3 jours. A ce stade, le calibre des fruits récoltés varie selon les variétés. Les rendements en fruits frais varient également en fonction des variétés. Ils sont généralement supérieurs à 4-5 tonnes par hectare pour les variétés sélectionnées.
Le gombo peut être consommé frais ou sec. Le gombo frais doit être consommé dans les trois jours suivant la récolte. Au-delà, le conserver au réfrigérateur pendant 5 à 7 jours . La congélation permet une conservation plus longue. Le séchage au soleil (sur une aire aménagée) des fruits coupés en rondelles ou des petits fruits entiers, assure une très bonne conservation. Pour les semis prochains, le fruit de gombo peut être séché et conservé en entier.

Soins phytosanitaires
Il existe des méthodes de lutte contre les ennemis et maladies du gombo.
– Cercosporiose, oïdium, et champignon : ses symptômes sont des tâches vert jaune ou noirâtres sur feuilles, face inférieure des feuilles grises puis noires, dessèchement des feuilles. A titre préventif ou curatif traiter au manèbe à raison de 3,5 kg/ha. Utiliser les variétés tolérantes, éviter les parcelles qui viennent de recevoir le gombo, le concombre, le tabac, tomate, etc.
– Jassides (insectes piqueuers suceurs): ses symptômes sont le jaunissement des feuilles qui se recroquevillent en cuillère. Traiter à la cypermétrhine, par exemple Cypercal 50EC.
– Altises : ses symptômes sont la perforation des feuilles et des fleurs,et les dégâts graves sur les plantules.
– Chenilles de Lépidoptères : perforation des feuilles et des fruits, destruction des fleurs. Traiter à la cypermétrhine, par exemple Cypercal 50EC.
– Nématodes : présence de gales sur les racines, mauvais développement de la plante (nanisme). Pratiquer une rotation culturale avec des cultures d’une autre famille que celle des Malvacées.

source: lavoixdupaysan

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Par Michel Fotsing temps de lecture: 5 min
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