Cameroun: comment gagner des millions et financer ses terres et sa ferme

Financement: grâce au Programme d’amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales, 17 producteurs camerounais ont pu obtenir près de 81 millions de Francs Cfa pour financer leur terre et ferme. Comment ça se passe?…

Durant plusieurs années, Mireille Biakam a tenu bon. Dans un petit enclos dans sa maison à Nkongsamba dans le département du Moungo, dans le Littoral du Cameroun, la déléguée du Groupe d’initiative commune (Gic) « Main Forte » achète 500 poussins d’un jour d’âge, les réchauffe et revend une partie après trois semaines. A chaque fois, elle conserve 200 qu’elle élève et en fait des poulets de chair.

En 2013, elle entend parler du Programme d’amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales (Acefa), mis sur pied par le gouvernement, en vue de venir en aide aux paysans. Elle propose son projet en espérant obtenir « tout de suite » du financement pour étendre ses activités. « On ne donnait pas d’argent à l’instant, se souvient-elle, sourire amusé aux lèvres. Au départ, l’Acefa nous fournissait des conseils». Au bout de deux ans, le projet est sélectionné.

Elle gagne plus de deux millions de Francs. « Je vais acheter plus de poulets et construire un plus grand enclos », glisse-t-elle, sourire aux lèvres. « Main Forte » n’est pas le seul projet sélectionné. 16 autres bénéficient d’un financement de 81 millions de F. Cfa.

Un cultivateur près de ses régimes de babanes. Crédit photo: @acdic
Un cultivateur près de ses régimes de babanes. Crédit photo: @acdic

« L’Acefa a pour objectif d’accroître les revenus des exploitants pour l’amélioration de la compétitivité de leurs exploitations », explique  Dr Moumini Bouba. Le coordonateur national de l’Acefa détaille : « les bénéficiaires doivent utiliser les fonds reçus pour développer leur activité et créer des emplois ».

Consigne que le Gic « Proage » constitué de 24 personnes compte « suivre à la lettre », assure Emmanuel Tweh, le délégué. Il tient entre les mains le chèque de 2 504 000 F reçu. Cet argent leur permettra d’acheter 24 pulvérisateurs et de deux atomiseurs. « Nous voulons vraiment améliorer notre champ de 24 hectares où nous avons planté des plants de cacao à Penja », avoue Emmanuel, tout heureux.

Les limites de l’Acefa

Ces 17 groupements de producteurs agropastoraux seront suivis par des conseillers du dispositif d’appui-conseil du département du Wouri qui ont reçu 31 motos et deux véhicules Pick Up pour se déplacer et aller à la rencontre de ces « seigneurs de la terre ». « Notre rôle est de suivre ces bénéficiaires et leur donner des conseils sur leurs activités au quotidien », relève Ngoufoch, conseiller établi dans la ville de Mbanga.

Financé par l’Agence française de développement et l’Etat du Cameroun, le Programme d’amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales a pour but d’intensifier et moderniser les systèmes de production familiaux, et répondre aux problèmes de sécurité alimentaire et d’emploi rural. Pour la 2ème phase du programme, une enveloppe de près de 18 milliards est prévue pour financer environ 5200 projets à travers le Cameroun.

Cependant, ce projet présente déjà de nombreuses limites. Pour obtenir un financement, il faut au préalable avoir présenté un projet fiable. Difficulté : la majorité des paysans installés en zone rurale ne savent pas comment peaufiner un bon projet. « Nous allons les accompagner, jure François Nkeng Peh, coordonateur Acefa région du Littoral. Nous avons des équipes qui conseillent et aident ces agriculteurs »

source: afriksansfaim

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Par Michel Fotsing temps de lecture: 3 min
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